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Quand la honte inconsciente empêche de prendre sa place

  • Photo du rédacteur: beatricemarinms
    beatricemarinms
  • 5 févr.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 mars

Inès n’a pas pu s’inscrire à une formation essentielle pour réussir son installation professionnelle. Son compte bancaire était bloqué. On lui demandait un code d’accès qu’elle ne se souvenait pas avoir mis en place. Elle a manqué la formation et souhaite comprendre le sens de ce qui s’est joué à ce moment-là.


Dès le début de la séance, les baguettes pointent une dynamique de contrôle : contrôler ce qui doit être entendu, ce qui peut être montré, ce qui a de la valeur. Comme si une partie d’elle gardait la main sur ce qui peut être révélé. Ce contrôle ne parle pas d’un manque de confiance, mais d’une protection.


Les baguettes indiquent ensuite un sentiment de honte. Il est difficile à reconnaître, car Inès le nomme plutôt comme une gêne. Ce sentiment est inconsciemment minimisé, tenu à distance, comme s’il était trop délicat à approcher directement.


Cette honte prend racine dans l’enfance. Petite, on lui disait souvent qu’elle captait toujours l’attention. Elle reconnaît aimer cette place, qu’elle flatte son ego, tout en générant un malaise par rapport aux autres. Très tôt, elle est prise dans cette tension entre le besoin d’être vue et la peur d’être mal jugée.


Les baguettes pointent l’âge de 2 ans. Très tôt, Inès se vit comme différente. Dès l’enfance, elle se perçoit comme intelligente, mûre, débrouillarde. Elle comprend rapidement les difficultés que traversent ses parents et apprend à s’adapter, à porter beaucoup.

Fille d’immigrés, elle perçoit aussi très tôt les écarts sociaux, le regard extérieur, parfois le rejet implicite posé sur sa famille. De cette expérience naît une honte silencieuse : celle de ne pas appartenir à une famille « comme les autres », celle du désir d’être ailleurs, autrement.

Alors, elle apprend à cacher d’où elle vient, tout en restant profondément fidèle à son clan et à sa souffrance.


À 5 ans, un autre événement montre déjà comment elle contrôle ce qui peut être partagé pour cacher qui elle est. Un jour de pluie, l’institutrice lui demande à quoi elle rêve. Elle pense : « Non, c’est trop intime ». Elle invente alors des bêtises, déclenche le rire de la classe. Elle se souvient aussi qu’on lui collait parfois un scotch sur les lèvres parce qu’elle parlait beaucoup. Elle pleurait quand on le lui retirait car elle jouait avec la situation pour amuser les autres. Une façon de capter l’attention tout en se protégeant de la honte.


Les baguettes montrent ensuite une honte liée au père. Enfant, elle avait honte de faire entrer des amis chez ses parents, craignant d’être mal vue, mal jugée. Comme si l’image de son milieu pouvait venir annuler sa valeur. Elle apprend alors à cacher certaines parts d’elle pour continuer à être reconnue.


Aujourd’hui, ce schéma se rejoue. Le compte bloqué, le code inaccessible, symbolisent une perte de contrôle sur ce qui doit être montré pour avancer. Une partie d’elle veut prendre sa place, se rendre visible, s’autoriser à réussir. Une autre cherche encore à se protéger du regard de l'autre, à garder le contrôle pour éviter d’être jugée ou exposée.


Cette séance met en lumière une question centrale :

Peut-on vraiment s’autoriser à prendre sa place quand on a appris à cacher d'où l'on vient et qui l'on est pour être accepté ?

 
 
 

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