Pourquoi j'ai pris autant de poids?
- beatricemarinms
- 2 mars
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 6 mars
Barbara me consulte pour comprendre l’origine inconsciente de ses compulsions alimentaires. Depuis une quinzaine d’années, elle a pris beaucoup de poids, ce qui a profondément fragilisé l’estime qu’elle a d’elle-même et son rapport à son corps.
Elle a conscience que ses compulsions nourrissent un besoin de réconfort et d'apaisement quand elle rentre, par exemple, d'une journée de travail émotionnellement chargée, mais malgré cela, elle n'arrive pas à se contrôler.
Pour comprendre l'origine de sa problématique, les baguettes pointent un symbole : c'est sa grand-mère paternelle. Elle la décrit comme quelqu'un de fort, qui gérait tout sans jamais se plaindre. Quand je lui demande si c'est comme ça qu'elle se voit, elle me dit qu'elle se plaint, et que contrairement à sa grand-mère, sa vie est plus facile, elle n'a pas vraiment de raisons de se plaindre.
Les baguettes montrent qu'il s'agit d'une croyance erronée qui bloque son évolution. En effet, reconnaître sa fatigue et son besoin d'aide, ce n’est pas manquer de force ou de courage. La vie est difficile pour chacun, même si les difficultés ne sont pas les mêmes.
Barbara a besoin de reconnaître sa souffrance sans la minimiser ni la comparer.
Quelle est cette souffrance que Barbara ne s'autorise pas à reconnaître?
Pour le montrer, les baguettes pointent sa grand-mère maternelle. Comme je sais que cette grand-mère représente symboliquement ce qui ne se voit pas, ce qui est inconscient, j'écoute ce qui vient spontanément . Elle se rappelle, petite, que sa grand-mère maternelle lui reprochait de préférer aller voir sa grand-mère paternelle par intérêt : elle lui offrait des gâteaux et des bonbons.
Ce qu'exprime sa grand-mère à ce moment-là, c'est : "je n'ai pas assez", "je ne suis pas la préférée" : "j'ai besoin de ton attention, de te voir, de me sentir choisie". C'est une manière maladroite d'exprimer sa tristesse et la peur de ne pas être choisie, donc d’être abandonnée.
Pour comprendre précisément de quoi il est question, les baguettes nous donnent une date. C'est le jour où sa directrice l'appelle pour lui demander de ne pas prendre contact avec ses élèves. En effet, Barbara est en arrêt maladie et elle prend contact avec eux car elle ne veut pas les abandonner. Elle en veut à sa directrice de l'avoir remplacée et cela la contrarie. Ce qui génère des émotions désagréables et réactive sa blessure d'abandon.
Elle me confirme avoir souffert, petite, d'un sentiment d'abandon. Sa mère était présente mais elle avait le sentiment qu'elle s'occupait d'abord des autres avant elle. Ce qu'elle a enregistré c'est que les autres sont plus importants qu'elle. Très jeune, elle a appris que pour ne pas se sentir abandonnée elle devait être serviable et utile aux autres. C'est une stratégie de survie. C'est-à-dire un moyen d'éviter de se sentir abandonnée, et donc de souffrir.
Pour éviter de souffrir et préserver le lien, Barbara mobilise énormément d’énergie pour les autres. Face au stress ou à une forte charge émotionnelle, le corps utilise ses ressources, puis il s’épuise. C’est une réponse physiologique naturelle : à force, elle se sent souvent vidée, comme une pile déchargée.
Mais lorsqu’il existe une blessure d’abandon, cette mobilisation est encore plus intense. C'est comme si elle était en alerte permanente, ce qui sollicite et fatigue davantage le système nerveux.
Dans ce contexte, grignoter ou manger davantage n’est pas un manque de volonté. C’est une tentative du corps pour se réguler et retrouver un équilibre intérieur.
Alors comment sortir de ce cercle vicieux ?
Dans ce cas précis, les baguettes proposent d’abord une prise de conscience : reconnaître son sentiment d’abandon, sans le nier ni le minimiser.
Barbara comprend peu à peu que plus elle cherche à être aimée en étant indispensable à l'autre, plus elle s’épuise. Plus elle s’épuise, plus ses ressources s'épuisent et plus son corps réclame du réconfort.
Plus elle est fatiguée, plus elle mange, plus elle prend du poids.
Plus elle prend du poids, plus son estime d’elle-même se fragilise et renforce sa blessure originelle.
Il ne s'agit pas là de faire un régime.
Petit à petit, il s’agit pour elle :
d’oser dire quand elle est fatiguée et s'autoriser à se reposer
demander de l'aide clairement à l'autre, sans faire de reproches
reconnaître ses limites quand elles s'expriment dans son corps
se donner toute l'attention qu'elle va chercher à l'extérieur pour exister pleinement et compenser ce vide intérieur
Une histoire de poids est toujours un problème de balance, d'équilibre. Le plus important est de comprendre où se situe le déséquilibre.




Commentaires