Ce que cache parfois la peur de s'engager
- beatricemarinms
- 14 févr.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 6 mars
Carine me consulte car elle doit prendre une décision importante concernant l’achat d’un bien immobilier.
Je précise que je ne fais pas de divination. Mon accompagnement ne vise pas à prédire l’issue d’un choix, mais à éclairer ce qui se joue à l’intérieur lorsque nous sommes confrontés à une décision importante.
Car certaines décisions viennent toucher des peurs, des mémoires, des loyautés ou des émotions profondes qui peuvent nous déstabiliser et nous empêcher d’avancer sereinement.
À travers les symboles qui se présentent, je comprends que Carine a peur de s’engager, car elle ne veut pas se sentir enfermée. Elle a profondément besoin de se sentir libre dans ses choix.
Ce que révèle ce besoin, c’est qu’au-delà d’une peur de l’engagement, Carine porte surtout une peur du désengagement.
Pour comprendre ce que représente cette peur, les baguettes pointent son beau-père décédé. Petite, quand il arrive dans leur vie, elle ne voulait pas qu'il se mette entre sa mère et elle. Elle entretenait alors une relation très fusionnelle sa mère. Elle avait peur de perdre ce lien précieux qui nourrissait grandement son besoin d'amour. A l'inverse, la présence de ce beau-père apportera du souffle dans leur relation, et la liberté nécessaire à une jeune adulte pour s'émanciper.
Quand elle part de la maison pour faire ses études, elle ressent tristesse et culpabilité d'être loin de sa mère. Inconsciemment, pour Carine, "se séparer" implique un abandon. En même temps, c'est à ce moment là qu'elle devient libre de ses choix et qu'elle devient adulte.
La séparation est un processus naturel de différenciation ou d'individuation.
C'est quitter son foyer, devenir autonome, faire ses propres choix, prendre une direction différente. Elle fait partie du développement normal. Elle permet de devenir soi.
L'abandon, à l'inverse, c'est une rupture subie du lien, vécue parfois comme une blessure archaïque. Il y a une dimension de perte, d'insécurité.
Alors quand la séparation est vécue comme un abandon, se séparer c'est perdre l'amour, le lien.
Et se différencier c'est alors abandonner ou être abandonné.e.
Alors, chaque mouvement d’autonomie peut réveiller une angoisse disproportionnée, et la peur de perdre le lien.
Carine prend conscience qu'à chaque fois qu'elle fait le choix de se séparer, c'est une façon de choisir librement. Se séparer, c'est justement se sentir libre de faire ses propres choix. C'est se donner la possibilité d’exister par soi-même, pour soi-même.
Perdre un lien, c’est souvent gagner en liberté, en autonomie.
C’est se choisir.




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