Cette tristesse que tu ne vois plus mais qui cherche à être reconnue
- beatricemarinms
- il y a 6 jours
- 3 min de lecture
En ce moment, je remarque quelque chose chez presque toutes les personnes que j’accompagne.
Une tristesse profonde…souvent reliée à l’enfance.
Parfois, elle est connue, identifiée, reconnue. Mais très souvent, elle est encore là, mais on ne l'a jamais vraiment rencontrée. Un peu comme un bibelot qui a toujours été là et qui passe inaperçu.
A défaut d'exprimer clairement la tristesse, c'est souvent la peur et la colère qui prennent sa place.
La tristesse c’est une énergie. Et comme toute énergie…elle a besoin de circuler.
Quand elle n’a pas été accueillie au moment où elle est apparue, elle peut rester bloquée quelque part. Et ce, pendant de nombreuses années, parfois jusqu'à la mort.
Cette tristesse, elle ne disparaît pas. Tant qu'elle n'a pas été reconnue, elle va venir créer des blocages, des difficultés dans les relations, un manque d'argent, un manque d'amour, d’épanouissement, des fuites qui ne se colmatent pas, des vides qui ne se remplissent jamais, etc.
Et ce qui est intéressant, c’est la manière dont chacun vit avec cette tristesse.
Il y a des personnes qui n’ont même pas conscience que cette tristesse est encore là.
D’autres vont pleurer…mais sans jamais se demander pour quoi ils pleurent vraiment.
Du coup, elle est là partout dans leur vie, comme une toile de fond.
On vit avec sans jamais s'adresser à elle. Et pourtant, elle en aurait des choses à raconter.
Et puis, il y a ceux qui pensent la gérer. Parce qu’ils pleurent ou parce qu’ils savent dire “je suis triste”. Mais elles ne vont pas chercher plus loin.
Ils ne vont pas voir d’où elle vient, ni ce que cette tristesse demande.
Alors comme dans un monologue… le message ne passe pas.
Et puis il y a tous ceux qui ont appris à avaler leur tristesse. A n'exprimer que la colère ou la peur.
Parce que c'est ce qui vient juste après, quand il n'y a pas eu de relais, petit.e.
Pour comprendre ça, il y a quelque chose de très simple à observer.
Vous vous cognez. Vous avez mal. Et au lieu de ressentir de la tristesse face à la douleur…vous vous énervez. Vous vous agacez. Vous râlez.
Vous allez ressentir de la colère quand vous vous sentez abandonné.e, rejeté.e.... Alors que vous souffrez.
Vous allez ressentir de la colère contre quelqu'un qui ne vous écoute pas. Pourtant derrière les reproches, la colère et l'irritabilité c'est bien la tristesse de ne pas se sentir entendu.e ou respecté.e qui a besoin de s'exprimer. "Quand tu ne m'écoutes pas, je me sens seul.e et ça me fait de la peine".
Tout ça est très courant. Mais ce n’est pas “normal”.
C’est un mécanisme appris très tôt dans l'enfance. Quand un enfant pleure, en général, on va lui dire “Arrête de pleurer”, “C’est rien”, “Sois fort” ou alors il ne sera pas consolé…
La plupart des adultes que j'accompagne se sont adaptés.
Et ils ont trouvé une autre manière de faire. Ils ont appris à remplacer la tristesse par de la colère (souvent plus entendue, plus “autorisée”), ils vont apprendre à se couper complètement de cette émotion et ne plus la ressentir, ou alors ils vont développer de l'anxiété, de la peur, et parfois faire "comme si tout allait bien"...
D’autres vont faire encore autrement. Ils vont ressentir de la honte. Ou de la culpabilité.
Alors ils ravalent. Ils retiennent. Et la tristesse ne sort pas.
Mais elle ne disparaît pas pour autant.
Elle va s’exprimer autrement. Par le corps, parfois… par la maladie.
En réalité, la tristesse est signal qu’une part de vous a été blessée.
Et qu’elle a besoin de quelque chose : de l’attention, du soin, de la reconnaissance.
Ne pas s’occuper de sa tristesse, c’est comme laisser une plaie ouverte en espérant qu’elle se referme seule. Parfois, on fait semblant que ça va, on passe à autre chose, on se durcit, … mais à l’intérieur, ça reste sensible. Alors on s'aperçoit que tout est bloqué dans notre vie.
L'énergie ne circule plus.
Et avec le temps, cette douleur qui est toujours là, va s'exprimer en colère, en fatigue, en distance ou en peur. Et plutôt que de remplir le vide que cette tristesse a laissé, nous allons chercher à le contourner, à le remplir à l’extérieur, à l’éviter...
Prendre soin de sa tristesse, c’est accepter de s’arrêter un instant. Regarder ce qui fait mal, mettre des mots, laisser l’émotion exister sans la fuir. C’est ce qui permet, peu à peu, à la blessure de cicatriser.
La tristesse n’est pas une faiblesse. C’est un passage nécessaire pour guérir.
Même si vous l’avez évitée pendant des années…il n’est jamais trop tard.
Au contraire.
C’est même le passage obligé. Parce que c’est en laissant enfin cette tristesse exister…en l’écoutant vraiment… qu’on peut accéder à autre chose.
Quelque chose de plus profond. De plus stable. De plus vivant en nous.
La joie.
Et…c’est là que tout commence.




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