Allergies et problèmes respiratoires : apprendre à exister sans condition
- beatricemarinms
- 16 avr.
- 4 min de lecture
Ma fille est allergique depuis 2 ans. Elle a régulièrement des rhinites allergiques, des crises d’éternuements, avec une fatigue importante. J’ai fait faire les examens nécessaires pour savoir quels sont les allergènes à éviter : le pollen, les poils de chats, les acariens… Difficiles à éviter...
Malgré les antihistaminiques, chaque année, à différentes périodes, c’est un vrai calvaire pour elle. Je la comprends car j’étais moi-même très allergique et, avec le temps et le travail sur moi, les symptômes ont presque disparu.
Elle me dit qu’elle en a marre et qu’elle veut aller voir quels messages ses allergies ont à lui transmettre.
Les baguettes me montrent un premier symbole. C’est une âme désincarnée. Symboliquement, quelque chose qui est mort en elle et qui n’a plus lieu d’être.
Je lui demande si elle pense à quelqu’un en particulier. Elle me dit : “Ça me fait penser à ‘y’a pas mort d’homme’.”Je lui réponds : “Ah oui ? Et qu’est-ce que ça veut dire pour toi ?”Elle me dit : “Ce n’est pas grave.”
Je comprends qu’il s’agit de quelque chose qu’elle a tendance à minimiser et qui, pourtant, a beaucoup d’importance.
Au même moment, sa sœur nous coupe dans la séance. Et je sens ma colère monter. Je ne me sens pas respectée. Je lui demande si c’est ce qu’elle ressent. Elle me dit qu’elle ressent ça surtout quand elle fait beaucoup et qu’elle a l’impression de ne jamais recevoir à la hauteur de ce qu’elle donne. Comme s’il fallait toujours en faire plus.
Les baguettes nous donnent une date : hier. Elle se rappelle avoir fait plusieurs tâches, et en avoir ajouté certaines pour être sûre que je ne refuse pas sa demande, qu’elle sait conditionnelle, quand il s’agit de jouer sur la tablette. Elle a le sentiment que ce n’est jamais assez et elle a toujours peur que je refuse si je considère que ce n’est pas suffisant. Je comprends que, pour elle, les règles sont des conditions pour obtenir ce qu’elle veut.
Comme d’autres enfants, elle est docile et va répondre assez facilement aux demandes car, comme elle me l’avoue un peu honteuse, c’est surtout pour s’assurer qu’elle ne sera pas lésée avec le système d’échange que j’ai mis en place. J’ai bien conscience que c’est moi qui crée ces règles "malsaines", même si je n’avais pas conscience des conséquences de mes actes.
Elle me dit : “Ça me décourage encore plus que si tu me disais "fais ça et point", sans condition.”
Quand j’étais petite, mon père nous disait “fais ça”, et nous obtempérions. Pourquoi ? Parce que nous craignions le “coup de bâton”. Chaque demande était une injonction. Nous n’avions pas le choix, ni les moyens de négocier. Ça, c’est mon trauma à moi. Et même si j’agis différemment, je vois que je transmets la même blessure à ma fille.
Celle que porte également mon père, allergique, aujourd’hui sous oxygène H24, car il s’étouffait (asthme allergique).
“Il a tout fait”.
Mon père a immigré en France quand il avait 22 ans et, depuis, il n’a jamais cessé de travailler pour les autres. Il a tout fait pour prouver qu’il pouvait s’en sortir par lui-même, et il a eu toute sa vie des difficultés à joindre les deux bouts. Il en a sacrifié des week-ends à travailler pour prouver qu’il était un “bon fils”. Il a même sacrifié les liens à sa famille pour prouver qu’il était un “bon père”. Il a toujours cherché à “bien faire”, mais jamais à “bien être”.
On voit ici comment nous transmettons des schémas à nos enfants, même si nous avons tout fait pour l’éviter. Car tant que le problème de fond n’a pas été conscientisé, nous n’avons pas les moyens de changer ce qui se crée génération après génération, même si l’environnement ou les conditions de vie changent.
D’une autre manière, ma mère faisait tout pour être “une bonne mère”.
Elle faisait tout.
Pas parce qu’elle voulait nous préserver, mais surtout parce qu’elle voulait que ce soit “fait”. Nous avions tendance à ne pas faire ce qu’elle nous demandait, alors elle criait et pleurait pour que nous l’écoutions.
Puis, elle faisait tout.
Pour ma part, avec mes enfants, pour ne reproduire ni l’un ni l’autre, j’ai mis en place le conditionnement opérant, un chantage déguisé. Seulement, cette méthode ne convient pas non plus puisque c’est ce qui rend ma fille malade et qui l’oblige à tout faire pour être “bien vue” et “gagner des points” pour obtenir ce qu’elle veut…
Il est toujours question de gagner quelque chose en échange d’autre chose. Mais l’échange doit être sain pour que l’échange soit vertueux.
Transmettre, accompagner, ça prend du temps. Ça demande de l’énergie, de la patience et des acquis, un héritage que peu ont reçu.
Que l’on nous ait forcé à "faire" ou que l’on "ait tout fait" pour nous, adultes, les conséquences seront les mêmes : il sera difficile de faire les choses juste pour nous, parce que nous avons besoin de prendre soin de nous et de nous sentir bien.
Grâce à cette allergie et à ses manifestations (écoulement nasal, difficulté à inspirer, crises d’éternuements), je prends conscience qu’elle a besoin que je mette en place une stratégie pour améliorer la qualité de nos échanges, pour que le système dans lequel elle évolue s’adapte à ses besoins profonds.
Elle a besoin de sentir qu’elle peut exister pleinement, sans condition.
Ce que je lui demande maintenant n’a rien à voir avec un besoin impérieux d’accomplir des tâches domestiques ou une injonction liée à l’éducation que je souhaite lui donner pour qu’elle m’obéisse. Je lui propose d’accomplir des tâches qui vont lui permettre d’apprendre à prendre soin d’elle, de son environnement et de ceux qui suivront.
En prenant soin de soi et de son environnement, on peut aussi prendre soin de ce qui nous fait plaisir. Ce n'est pas l'un ou l'autre, mais et l'un et l'autre.
Nous allons mettre en place les routines que nous proposent les baguettes pour que ces prises de conscience puissent trouver un réceptacle dans la matière. Comme d’habitude, il faudra du temps pour intégrer et faire que la routine devienne une habitude, puis une nouvelle façon de vivre.
Si vous voulez comprendre le sens de certains symptômes chroniques pour retrouver plus de santé, de paix et de liberté vous pouvez réservez une séance via Calendly : https://calendly.com/beatricemarin/seance-1h30




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