Quand reconnaître sa souffrance nous fait sortir du repli
- beatricemarinms
- 2 févr.
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Dernière mise à jour : 5 févr.
Fabrice a peur que ce qu'il dit soit retourné contre lui. Il fait attention à ce qu'il dit et évite de parler de ce qu'il ressent car il a peur de ne pas se sentir reconnu dans sa souffrance, ou pire, qu'elle soit utilisée contre lui.
Pour montrer ce qui est à l'origine du problème, les baguettes pointent son père décédé. Il me dit qu'il était sévère, dur. Les baguettes montrent qu'il reste encore des choses à dire. Il me confie alors qu'il était violent dans ses actes, mais qu'il ne veut pas l'enfermer dans ce mot. Je comprends qu'il y a un tabou autour de la violence.
Puis les baguettes nous donnent une date pour aller plus loin sur ce symbole : c'était la semaine dernière. Il a secoué sa fille qui ne l'écoutait pas et s'est senti coupable d'avoir utiliser la violence pour qu'elle l'écoute.
Je comprends que Fabrice a peur de ne pas pouvoir se contrôler s'il n'est pas entendu. Inconsciemment il s'anesthésie pour éviter le conflit qui peut dégénérer violemment. Quand il se sent acculé, coincé, au pied du mur, impuissant, il va passer en mode OFF. C'est une stratégie de survie. Il ressent un danger, il se replie.
Les baguettes nous donnent une autre date. C'est le jour où il reçoit un cadeau des amis de son ex-compagne, un cadeau qu'il pense ne pas être neutre, comme si sa compagne avait parlé de lui à d'autres personnes. Il est mal à l'aise par rapport à ces personnes car il a peur que son ex-compagne ait trahi son intimité. Il ressent ce cadeau comme une menace. C'est comme si ce qu'on pouvait dire de lui pouvait l'anéantir. Pour lui le jugement est perçu comme un danger. Quand il se replie, il protège son intégrité physique et émotionnelle.
Les baguettes montrent qu'une croyance l'empêche de dépasser cette peur du jugement. Celle qu'il n'existe qu'une seule vérité. Fabrice a besoin de reconnaître sa propre vérité. Celle qu'il est le seul à connaître : ce qu'il vit et ressent dans son corps est sa vérité. C'est la seule qu'il doit reconnaître.
Quand un enfant a été nié dans sa souffrance, il est courant en grandissant qu'il répète le même schéma. Il va alors nier lui même sa souffrance et se retrouver dans des situations où sa souffrance n'est pas reconnue. Il va utiliser les mêmes stratégies de survie qu'il utilisait petit pour sauver son intégrité physique, émotionnelle, etc.
S'il a subi petit la violence de son père, et que cette expérience reste un tabou, la vie va lui proposer de nombreuses expériences pour qu'il révèle ce qu'il a tenu caché pour se protéger d'un sentiment de culpabilité inconscient qu'il a vis à vis de lui et vis-à-vis de son père.
Quand on a pas été reconnu dans notre souffrance enfant, une croyance peut perdurer à l'âge adulte. Celle que l'on ne mérite pas d'être entendu et que notre souffrance n'existe pas.
Fabrice a besoin de reconnaître ce qu'il ressent profondément pour reconnaitre que sa souffrance est réelle et légitime, et qu'il doit l'exprimer sans la nier.
Se faire entendre en exprimant, avant tout, ses propres besoins, quelque soit la situation, est une clé pour nourrir ce qui lui a manqué enfant, et parler librement sans craindre le jugement.




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